Jérôme Bascher Jérôme Bascher

Senlis vivant, Senlis plus fort !

- Election municipale des 23 et 30 mars 2014 -

Jérôme Bascher

Allez Senlis

L’EUROPE, L’EUROPE, L’EUROPE !

Cette interjection du Général de Gaulle lors d’une conférence de presse nous rappelle qu’avec cette vieille antienne, ceux qui n’ont rien de réaliste à proposer peuvent à loisir accuser l’Europe de tous les maux ou à l’inverse de tous les espoirs. Qu’est-ce à dire ?

Les partis extrêmes qui n’ont pas vocation à gouverner voient l’Europe, pour des raisons diverses voire opposées, comme bouc-émissaire : si tout n’est pas forcément faux, il faut se demander alors pourquoi certains pays d’Europe s’en sorte mieux que d’autres si c’était la faute à l’Union européenne… A l’inverse, les partis de gouvernement sont béats devant les traités  qu’ils ont signés sans savoir ce le peuple en pense.

Au-delà des institutions incompréhensibles, les partis politiques français préparent comme d’habitude ces élections comme si de rien n’était. Ils ne comprendront décidément rien.

La crise qui dure doit amener chacun  à s’interroger sur le rôle des institutions et leurs pratiques. Les partis préparent donc ces élections de mai 2014 comme d’habitude, les extrêmes feront élire leurs chefs de file à la proportionnelle (ils n’arrivent pas à être élus à la majorité nulle part !) pour toucher des indemnités tout en dénonçant ceux qui profitent du système et l’Union européenne qui entretient ce système. Paradoxal ? Le mot est faible, hypocrite et sans morale seraient déjà un peu plus juste. Ces extrêmes surferont aussi sur la faible participation d’une part, sur la contestation de la politique nationale menée d’autre part.

Les partis de gouvernement partiront séparés aussi car il faut faire élire les apparatchiks de  chaque parti, récupérer les battus des dernières législatives qui ne siègeront pas à leur tour. Quant aux députés européens qui font leur travail consciencieusement, ils ne comptent guère dans les décisions de constitution des listes. C’est là ou le bât blesse : les autres pays de l’Union qui veulent compter envoient des vrais députés européens à l’image de ce que peut faire mon collègue et ami Philippe Boulland, conseiller général et député européen. C’est un homme de convictions d’abord, d’engagement en accord avec celles-ci. J’espère qu’il sera réélu, il le mérite.

Mais réélu pour quoi faire ? Aujourd’hui, le programme des partis est simplement national alors que la majorité des élus siègeront soit au PPE de centre-droit, soit au PSE de gauche. Pourquoi ne pas présenter un vrai programme européen défendu par ces partis dans chacun des pays ? Pourquoi ne pas expliquer quelle Europe on veut ? Avec quels pays ? La Turquie, l’Ukraine ou la Norvège ? Sur quelles compétences ? Avec quelles sanctions démocratiques ? Bref, construire enfin une vraie Europe des peuples au Parlement à côté d’une Europe des Nations au Conseil des ministres européens.

Voilà pourquoi cette élection de mai sera absurde et entraîneront dans leurs sillages autant de commentaires milli fois entendus sur la séparation entre les élites européennes et les peuples. Triste.

Ma tristesse est en même temps un appel : France réveille toi ! Dirigeants : retrouvez le sens de la politique ! Politiques : servez et ne vous servez plus !